

La gentille Catherine, qui travaillait dans une ferme de Saint-Hippolyte, dans le Doubs, avait à son service un lutin, que l'on appelait dans la région le Feloutot, sorte de feu follet qui faisait office de valet. Il l'aidait à rentrer les moissons, à traire les vaches* et à tresser le crin des chevaux. Le soir, il plaçait les bûches dans l'âtre, allumait le feu et faisait bouillir la soupe. Le dimanche, tandis qu'elle allait à la messe ou bien au bal, il faisait le ménage, frottait l'argenterie et disposait des fleurs coupées dans des vases. Bref, le Feloutot était si serviable que Catherine ne pouvait plus s'en passer. De plus, il était si mignon et brillant qu'elle passait des heures à lui dire :
- Follet mon petit follet, mon Feloutot, que puis-je faire pour te montrer ma reconnaissance pour tant de bons offices que tu me rends jour et nuit ? C'est par toi que je brille, sans toi je ne serai plus rien.
- Être toujours chéri de toi, Catherine, ma bonne Catherine, voilà ma plus douce récompense.
- C'est grâce à toi que je suis sage, reprenait la candide jeune fille. Sans toi, je serai sans doute comme tant d'autres !
- Et moi, répliqua le Feloutot, moi qui suis le plus inoffensif des êtres, sans toi je deviendrai le plus méchant.
- Follet, Feloutot, qu'arriverait-il si j'allais être amoureuse et songer au mariage ?
- Prends bien garde Catherine ! Ma vengeance serait terrible ! Tu l'as dit tout à l'heure : c'est par moi que tu brilles, sans moi tu ne serais plus rien !
Mais bientôt, Catherine rencontra un jeune homme de la ville qui demanda sa main. Tout à son bonheur, elle ne songeait plus aux menaces du lutin. Mais ce dernier n'avait rien oublié, et décida de laver l'affront qu'il aait subi. Un jour que le fiancé de Catherine venait lui rendre visite à une heure très matinale, il vit un jeune homme descendre de la fenêtre de la chambre de sa promise au moyen d'une corde après avoir lancé : A ce soir Catherine !
Se croyant trahi, le fiancé entre dans la ferme et réveille Catherine qui dormait d'un profond sommeil.
- Qui est ce garçon qui est sorti de ta chambre par la fenêtre ? Aurai-je donc un rival ?
La pauvre Catherine ouvre de grands yeux et nie toute l'histoire.
- De plus tu es menteuse ! Heureusement que je m'en aperçois avant le mariage ! Je ne désire pas épouser une femme de mauvaise vie. Et sur ces paroles, le fiancé dépité quitta tout à la fois la ferme et la vie de Catherine qui se mit à pleurer à chaudes larmes. Le rival supposé, on l'aura compris, n'était autre que le Feloutot qui avait changé d'apparence, comme il en avait le pouvoir. Il s'était vengé, comme il l'avait promis, mais comme il s'estimait trahi lui aussi, il ne se montra plus jamais à Catherine, qui dut désormais s'acquitter toute seule de tous les labeurs de la ferme.
D'après Désiré Monnier et Vingtrinier, Croyances et traditions populaires recueillies dans la Franche-Comté, Lyon 1871.
* A noter que 92% des vaches de Franche-Comté sont de race Montbéliarde
Montbéliarde avec cornes
Dites-donc, vous êtes nombreux à avoir un Feloutot chez vous dans ce coin de france ? Je n'en
avais jamais entendu parler. Est-ce qu'en plus il prépare la gamelle des chiens et éventuellement, peut les garder pendant mon absence ? Dans ce cas
j'en veux un tout de suite, maintenant ! En échange, je vous envoie un korrigan pur breton, qui va mettre votre maison sens dessus dessous, va vous faire des misères, tirer les moustaches du
chat, mordre vos doigts de pieds la nuit..etc... Vous allez voir, vous ne pourrez plus vous en passer, la vie sera moins monotone, fini la paix dans le ménage...mdr.... !
Cela fait plus d'un an que j'essaie de lire le bouquin fourni avec mon appareil photo. Je n'y comprends riiiiiien ! C'est un bridge et avec les multiples réglages autos, il y a possibilité de faire ses propres réglagles manuels. Vitesse d'obturation, ouverture...etc. Tout ce que je voudrai c'est que, lorsque je photographie un arbre par ex. l'arrière-plan soit net aussi. Je ne demande pas grand-chose pourtant. Il y a des molettes partout, des machins, des contres-molettes... peut-être un jour dans une prochaine vie.... En attendant je vous mets une photo de fleurs de pissenlit, ça y a rien à faire, il se met en macro tout seul ! Et pis c'est joli une fleur de pissenlit, il n'y a pas que les roses dans la vie !
Attendez, je fouille encore dans mon bric à broc.. Ah oui, hier c'était le 1er avril. Ceux qui me connaissent savent que je suis passionnée par les chevaux de course, galopeurs et surtout sauteurs car je montais des chevaux d'obstacle à l'entrainement (entre autre). Et bien, il m'arrive d'avoir quelques chouchous en trot aussi. Le 1er avril 1989 (ça ne me rajeunit pas) est né un trotteur du nom de Baccarat du pont, un magnifique cheval dont j'ai suivi toute la carrière. Une petite photo vous parlera mieux de lui :
Il faut savoir que la carrière d'un trotteur en France est assez brève, à 10 ans c'est terminé. Soit il est vendu à l'étranger où il a le droit de courir plus longtemps, soit pour les meilleurs qui sont restés entiers comme Baccarat, ils feront une carrière étalon. Je ne sais pas si Baccarat fait encore la monte, il a 22 ans pépère. Je vous mets une petite vidéo qui ne dure que quelques secondes. Une course où Baccarat du pont s'accroche au départ avec un autre concurrent, fait tomber son driver et prend la poudre d'escampette. C'est pas tout mais il faut le rattraper...mdr.. Je peux rire car tout s'est bien terminé, mais regardez les deux bonhommes dans la petite voiture qui tombent l'un après l'autre comme des sacs de patates (décidément, on y revient toujours aux légumes) !
J'ai la chance d'avoir à côté de chez moi un marchand de légumes en entrepot, il vend tous les fruits, légumes et épices du monde entier, il y a une partie bio et une partie légumes anciens. Je mange vraiment très peu de viande et beaucoup de légumes, j'adore ça. Par contre j'ai quelques difficultés à essayer de cuisiner des légumes d'autrefois. Je ne sais pas si vous avez dégà goûté quelques uns de ces légumes, pour certains j'aimerai bien, mais je peux point !
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Les crosnes
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Ca c'est l'effet Koh Lanta ! Je reste plantée à les regarder, je n'arrive pas à les toucher, j'ai l'impression qu'ils bougent et qu'ils vont
me sauter dessus. Le gérant du magasin est écroulé de rire en me regardant. Peut-être un jour pour pour connaître le goût ... mais pour l'instant je ne le sens pas ! Les crosnes sont des tubercules que l’on consomme comme des légumes. |
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La vitelotte
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Là c'est pareil ! Cette pomme de terre ressemble à une espèce de mollusque appelé violet ou patate de mer, sauf que lorsqu'on l'ouvre en deux c'est jaune. On m'a forcé à en goûter un jour ... beurk ! Et puis là, j'ai peur d'avoir les dents violette à vie. On verra plus tard. C'est donc une variété de pomme de terre originaire du Pérou dont la chair est violette et ferme. Elle ne s’épluche pas. Elle a un petit goût de noisette surtout quand elle est préparée en frite et en chips. Amusante, elle a une excellente tenue à la cuisson. Assez farineuse, il n’est pas recommandé de la consommer seule à la vapeur, mieux vaut l’associer en petites quantités à d’autres pommes de terre pour égayer un plat. |
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Les salsifis
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Ca je connais ! Même sous la torture vous ne m'en ferez jamais plus avaler un seul ! Ma mère ne savait cuisiner que deux choses (heureusement c'était mon père qui faisait la cuisine la plus part du temps) : les coquillettes et les salsifis. Je ne pouvais pas avaler ce légume, j'avais des hauts le coeur rien qu'à les voir dans mon assiette. Je n'avais le droit de quitter la table que lorsque mon assiette était vide, cela pouvait durer des heures, elle me les faisait manger de force.
Le scorsonère ou salsifi a un aspect rustique mais sa chair est fondante. Sa saveur est délicate, légèrement amère. On peut le
préparer de multiples façons : en salade, avec une vinaigrette bien moutardée et un jaune d’œuf dur émietté. En gratin, on peut le faire braisé ou encore persillé en garniture de viandes
blanches. Utiliser des gants en plastique pour l’éplucher, car ils collent aux doigts ! (bien fait) |
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Le topinambour
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Comme tous les enfants nés dans les 10 années suivant la seconde guerre mondiale, j'ai eu le droit aux " Ne te plains pas, moi je n'avais que des rutabas et des topinambour à manger). Là il faudra que je goûte pour savoir ce que j'ai perdu...mdr... Il a une bonne tête ce légume.
Le saviez vous ? Le topinambour est en fait la racine du tournesol ! |
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Le rutabaga
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Pareil que le topinambour mais celui-là il ne me tente pas, je vous le laisse.
Cette plante potagère était pendant la seconde guerre mondiale un des aliments de base des français, qui n’en ont pas gardé tous un bon
souvenir… |
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La betterave crapaudine
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J'adore les betteraves. Lorsque j'étais petite, je mangeai même (en cachette) les betteraves des vaches. J'ai beaucoup de mal à trouver des betteraves non cuites, c'est dommage.
La betterave crapaudine est ainsi nommée en référence à sa peau brune ridée, craquelée, froissée, voire grêlée. De forme allongée et
conique, c’est la plus ancienne variété de betterave, elle est connue depuis le 17e siècle. Pourtant, on lui a préféré d’autres variétés à la peau plus lisse. On raconte en effet que
c’est sans doute en raison de son apparence de « vieille peau », qu’elle a été quelque peu délaissée. Eh oui ! littéralement crapaudine signifie dame crapaud. |
Il y en a encore plein d'autres mais je ferai un autre article pour en parler. Si vous cuisinez des légumes anciens, j'aimerai bien avoir votre avis : vous avez aimé ou pas ? Avez-vous des petits trucs pour la cuisson, des petites recettes ? (sauf pour les salsifis).
Il y a cent environ vivaient à La Saboterie deux sorcières dont l'une se nommait la Cagnole. Or, elles apprirent un jour aux habitants du village que, dans un bois voisin, au lieu-dit La Cabre d'or, le diable avait caché un trésor.
Il faut vous dire que les grands-mères de ces sorcières, dès que naissait un enfant dans la contrée, accouraient aussitôt et tout d'abord félicitaient la mère, lui souhaitaient bonne santé puis prenaient l'enfant, le coupaient et le dépeçaient en tous petits morceaux. Si la mère se plaignait, elles s'enfuyaient, abandonnant les débris sanglants, mais si la mère ne soufflait mot, de suite elles raccommodaient l'enfant et lui donnaient un nom qui, toute sa vie, lui porterait bonheur.
Pour en revenir à ce fameux trésor que gardait le diable, plusieurs paysans plus courageux que leurs camarades, entre autres Mougois, Nicolas Friard, Lederné, résolurent d'aller la nuit de Noël, quand se chanterait la messe de minuit, assaillir le diable, le mettre hors de combat et s'emparer de toutes ses richesses autour desquelles il faisait faction.
Ils avaient choisi ce moment parce que suivant les croyances du pays, le diable dans la nuit de Noël, à minuit, est obligé de quitter la Terre et de rester en enfer tout le temps que se chante la messe. Armés de pieux, de pioches, de pelles, car le trésor était caché sous une énorme pierre qu'il fallait soulever, nos hommes se rendirent donc à la Cabre d'Or. Mais le froid était si vif qu'une fois arrivés, ils durent allumer un grand feu et perdirent un temps précieux à se réchauffer.
Ils se dirent enfin qu'il fallait se mettre au travail. Or, juste au moment où ils donnaient les premiers coups de pioche, la messe de minuit finissait. Le diable alors leur apparut et déchaîna un ouragan terrible qui éteignit le feu, déracina les arbres et porta dans une trombe, jusqu'au village, nos chercheurs épouvantés. Depuis cettte époque, personne n'osa pus tenter l'aventure.
On essaya bien un jour, quand le diable par bonhomie laissait faire, de soulever la pierre mais jamais on ne put réussir même à l'ébranler légèrement. Aujourd'hui, il ne reste plus trace de cette pierre, et sur l'emplacement où l'on suppose qu'elle fut, poussent de grasses moissons. Cependant, les anciens du pays croient toujours au trésor caché et se désespèrent que le propriétaire de la Cabre d'Or, monsieur Fay, ne fasse pas pratiquer des fouilles qui le rendraient plus riche que Crésus !
Albert Meyrac, Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes, 1890.
Qu'est-ce qu'il doit y avoir comme trésors cachés dans notre pays, il faut toujours croire aux légendes, il n'y a pas de fumée sans feu !
Une photo de mon prunus en pot pour commencer en douceur mon article
Oui parce qu'aujourd'hui je voudrai vous parler fromage, un article un peu spécial. Voila, lorsque j'étais petite, mon père achetait souvent de l'Epoisses. Dans mes souvenirs, ce fromage me semblait très bon. Il y a deux ou trois ans, j'ai acheté ce fromage dans un super marché. Arrivée à la maison, il bougeait, et en y regardant d'un peu plus près, il y avait des vers sur la croûte. Je l'ai mis à la poubelle, n'ayant pas le courage de le ramener au super marché.
Hier, en faisant mes courses au magasin du coin, il y avait un rayonnage d'Epoisses, toutes à la croûte bien brune et remplie d'asticots... Je fais des commentaires horrifiés à haute voix, et bien toutes les personnes autour de moi m'ont dit que c'était normal, c'est ce qui faisait que ce fromage était bon ! Je me suis sentie un peu seule sur ce coup là. Il y a pourtant quelques temps, je n'hésitais pas à tremper une tartine de camenbert dans mon bol de café au petit déjeuner, mais de là à manger des asticots et trouver ça bon ! De toutes façons, je ne mange plus de fromages au lait de vache depuis pas mal de temps. Juste une ou deux fois l'an une boulette d'Avesnes de chez les ch'ti, parce que c'est bourré d'estragon et j'adore ça.
En cherchant un peu j'ai trouvé des petites choses sympas, telles :
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Le Piquan du Forez (Loire) est une spécialité de fromages aux artisons, c'est à dire aux protéines vivantes, aux asticots quoi ! Ca ressemble un peu à la foune que mange la joyeuse bande dans " Les bronzés font du ski ".
D'après un livre sur les traditions du Forez, le piquan est composé de croûtes et restes de fromages, macérés dans de l'eau de vie, de l'huile et gardés dans un pot de grès. Laissez affiner quelques mois jusqu'à apparition des artisons. Vous aurez alors une pâte tirant sur le beige, prête à être étalée sur une tranche de pain de campagne.
Vous vous souvenez ? :
Michel Blanc : c’est quoi qu’y a dedans là ?
Montagnard : Ha ça c’est fait avec tous les restes de fromages d’l’année…alors on fait macérer ça avec du gras puis…l’alcool de bois
pendant deux à trois saisons …puis y’a les couennes aussi.
Michel Blanc : C’est quoi les pt’it trucs blancs qu’y a dedans ?
Montagnard : Ben ça c’est les vers.
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En Corse, vous avez aussi le fromage Niolo, une variante de celui de Sardaigne, mais pour raisons sanitaires, il est interdit de le sortir de l'île (il est réservé aux amateurs).
Pour les plus téméraires d'entre vous, cliquez sur la cuillère de bois et ... bon appétit !
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