

Il est à déplorer que les Laminaks se fassent de plus en plus discrets dans le Pays basque. Ce sont en effet des lutins qu'il est bon d'avoir dans le voisinage, en cela notamment qu'ils sont des bâtisseurs hors pair. On peut encore voir la trace de leur ouvrage à Licq, village jadis coupé par la rivière du Saison et dont les berges sont aujourdh'ui reliées par un pont de pierre. Vous ne pourrez vous tromper d'endroit, il y est encore inscrit : " Llaminen zubia " (pont des laminaks). Comme vous pourrez le constater, il manque toujours une pierre, bien que le pont ait été refait depuis. L'histoire de ce trou remonte à un temps où les laminak, justement, vivaient encore nombreux, en tribus, dans la région de la Soule.
Les ligitars rafistolaient alors régulièrement un pont de corde dont la solidité, toute relative, les inquiétait, au point qu'ils évitaient le plus souvent de traverser. N'ayant pas les fonds suffisants pour construire enfin un pont digne de ce nom, les villageois décidèrent de faire appel à des laminaks voisins. Les lutins acceptèrent et furent donc chargés d'ériger l'édifice, mais en une seule nuit, avant le chant du coq. On les dit serviables, mais ils exigèrent néanmoins une contrepartie, et non des moindres : qu'on leur offre la plus belle fille de la commune. Les autorités n'hésitèrent pas une seconde à conclure le marché, mais l'amant de la promise ne l'entendit pas ainsi et on le comprend.
Aussi, après avoir mûrement réfléchi, quand la nuit de la construction vint, ne ferma-t-il pas l'oeil de la nuit. Juste avant que l'aube pointe, il courut réveiller le coq, qui chanta de stupeur. Les laminaks, qui n'avaient pas posé la dernière pierre, surpris et honteux de ne pas avoir terminé à temps leur ouvrage, s'enfuirent à toutes jambes. La pierre resta au sol, et ne fut jamais placée.
Cela fait des années que je mets en garde les populations : si vous ne croyez plus au petit peuple du monde de Féerie, il va disparaître à tout jamais ! Les korrigans, les elfes, les lutins, les fées...etc (je ne peux pas les citer tous, ils sont si nombreux) ne peuvent vivre que par nous et, la plupart, avec nous. Arrêtez d'accuser votre chien, votre chat ou votre enfant (voire le mari) de tous les maux. Ce n'est pas parce qu'un paquet de gâteaux a disparu, et que votre enfant à plein de chocolat autour de la bouche que c'est forcemment lui l'auteur du larcin. Et le coussin éventré en votre absence, oui parlons-en du coussin, êtes-vous sûrs que c'est votre toutou qui s'est fait les nerfs sur le magnifique coussin tout neuf ? Et bien réfléchissez-y à deux fois, même trois pour les plus bornés. Les korrigans vivent toujours parmi nous, j'en sais quelque chose, et ils adorent vous faire des farces et même vous tourmenter quelques fois. Enfin, lorsqu'ils auront complètement disparu vous saurez pourquoi !
Revenons aux Laminaks, tiens, je suis encore bien bonne de vous mettre une photo ! (...lol... )
Au début du XIXe siècle, il se trouvait à Tours, un enfant qui subit une triste éducation dont il devait se souvenir et porter les marques sa vie durant ! Aujourd'hui, je n'ai pas envie de parler de son oeuvre mais de son enfance, de l'enfance de Honoré de Balzac.
Devenu adulte, il confessera que toutes ces années, il sursautait au seul son de la voix de sa mère. Pire encore, il lâchera cette terrible condamnation : " Je n'ai jamais eu de mère ".
Cet enfant naît dans une famille de récente bourgeoisie dont le chef, après un parcours assez trouble, s'est acquis une position enviable dans la société tourangelle, ainsi que des revenus confortables. La demeure familiale est spacieuse et cossue et l'on dispose de ce qu'il faut de domestiques. Cette aisance vient de ce que le maître de maison s'occupe de " fournitures " et que, dans ces années d'intenses campagnes militaires - nous sommes sous le Consulat et l'Empire -, cette activité connaît un bel essor.
Cependant, lorsque l'enfant naît, il est aussitôt éloigné par sa propre
mère, et cela pour des raisons qui resteront assez obscures puisque cette femme n'aura pas le même comportement avec ses trois autres enfants. Pourquoi ce rejet immédiat ? Pourquoi cette
intransigeance ? Car la mère se montrera inflexible et ce froid mépris durera toute l'enfance et toute l'adolescence.
Dès ses premiers jours, le petit garçon est mis en nourrice chez la femme d'un gendarme où, pratiquement, on l'oublie jusqu'à l'âge de quatre ans. Puis on le case en pension chez des étrangers d'où il peut sortir une fois par semaine, le dimanche, pour venir dans sa famille. Il y vient comme en visite, comme un vague cousin qu'on tolère à condition qu'il ne cherche pas à s'incruster.
Là, parmi les siens, en la compagnie de son frère et de ses soeurs, il lui est interdit de partager leurs jeux. Pareillement, il est hors de question qu'il puisse posséder des jouets ou qu'on lui fasse un cadeau. L'intraitable mère y veille.
Lorsque le garçon atteint l'âge de sept ans, elle considère qu'il est bien assez grand pour pouvoir supporter l'internat. Alors, on l'éloigne un peu plus. On l'expédie chez les Oratoriens de Vendôme où la rigueur de la discipline le dispute à la précarité des conditions de vie. Et ce sont sept autres années qui s'écouleront ainsi.
A quatorze ans, l'adolescent est enfin autorisé à demeurer sous le toit paternel, mais la vie qui lui est faite par sa mère ne cesse d'être insupportable et, quatre ans plus tard, interviendra une sorte de rupture... Rupture assez particulière parce que, tout au long de la vie de ce fils, cette rupture ne sera jamais réellement consommée.
Et pourtant, ce fils ira jusqu'à écrire : " Nous avons cru qu'elle était folle et avons consulté un médecin qui est son ami depuis trente-trois ans. Mais il nous a dit : " Mais non, elle n'est pas folle. Elle est seulement méchante. "... Ma mère est la cause de tous les malheurs de ma vie. Il se peut aussi que son incapacité à aimer cet enfant ait nourri en lui la nécessité des s'évader dans la fiction, le romanesque (ça j'en suis persuadée). Et dans ce cas, elle aura été la cause de grands bonheur,s puisque cet enfant est devenu un génial écrivain.
J'ai trouvé assez surprenant de trouver Honoré de Balzac dans la rubrique " Hommes du Terroir " d'un almanach du terroir français. Mais après tout pourquoi pas, ces hommes et femmes ont marqué une région de notre pays, alors ils y ont toute leur place finalement !
Bonne soirée les amis.
Puisque nous somme en plein salon de
l'agriculture, je vous présente Marc-Antoine, agriculteur et producteur de pommes de terre " Ratte du Touquet ".
Marc-Antoine est agriculteur depuis 13 ans. Ce passionné de nature âgé de 40 ans, est associé avec un ami et des cousins, qui ont tous grandi dans les exploitations de leurs parents. Sa famille a découvert la Ratte du Touquet à ses débuts, lorsque Dominique Dequidt organisait des chantiers de ramassage à la main, et s’est lancée dans la mécanisation de la variété. Aujourd’hui, il cultive 48 hectares de Ratte du Touquet.
Pourquoi j'ai envie de vous parler de cet agriculteur ? Parce que, et j'ai bien conscience d'être privilégiée en vivant seule, je ne mange que des légumes bio ou d'agriculture raisonnée. Très peu de viande ... une volaille de race ancienne achetée chez mon volailler au marché deux fois par mois environ, lorsque mes amis viennent à la maison. J'adore les légumes, en soupe, cuits à la vapeur, parsemé de fleur de sel que j'achète directement sur internet à la coopérative de Noirmoutier (la meilleure fleur de sel à mon goût).
Et, les pommes de terre " Ratte du Touquet " que j'achète, viennent de cet agriculteur. Il y a patates et pommes de terre. Les rattes du Touquet c'est... comme le grand cru d'un vignoble par rapport à un vin de table !
Dans son exploitation, les animaux sont choyés : on leur plante des haies et des jachères pour qu’ils puissent s’y développer à leur aise, on crée des nids, des nichoirs et des perchoirs pour les oiseaux qui peuplent les airs de la Baie de Somme toute proche. Marc-Antoine a même créé une ferme pédagogique et une conservatoire des races d’ânes un peu plus loin dans la région, avec l’espoir de rapprocher les gens de la terre et du métier d’agriculteur. Mais si l’observation et la protection des animaux sont ses passions, Marc-Antoine n’oublie jamais le produit et la qualité de sa culture : pour lui, « l’important c’est avant tout d’essayer de faire un bon produit. »
Je vous mets une vidéo pour faire sa connaissance :
L’agriculteur aime son terroir et tente de conjuguer du mieux qu’il peut, la nécessité de nourrir le plus grand nombre avec la préservation des produits du terroir et la production de légumes de qualité. Pour lui, « la vraie modernité, c’est savoir s’adapter : préserver la tradition et le goût, plutôt que le productivisme ; allier le respect de l’environnement et la production en quantité suffisante.
Ils sont six producteurs de Ratte du Touquet. Le nom du producteur est marqué sur le filet de pommes de terre , voilà comment je sais que mes Rattes viennent de chez Marc Antoine.
A consommer sans modération, c'est trop bon !
Il était une fois...
Aujourd'hui, je ne peux pas résister,
il faut que je vous parle de Montmartre, pur-sang de course de plat. Juste un petit rappel pour ceux qui ne me connaissent pas du temps où l'on était sur Orange, j'ai travaillé plus de 10 ans
dans les chevaux. J'habitais Maisons-Laffitte, la citée du cheval de course d'obstacle, et en plus de la monte traditionnelle je travaillais des pur-sang d'obstacle, réformés des courses pour
leur éviter la boucherie, leur apprendre un nouveau métier et trouver une nouvelle famille. Ce qui ne m'empêchait pas de monter aussi à l'entrainement dès que l'occasion se présentait. La vie a
fait que j'ai du quitter ce milieu pour plusieurs raisons, mais, les chevaux de course resteront ma grande passion à tout jamais.
Il était une fois, le 6 avril 2008, un jour de courses sur l'hippodrome de Longchamps (courses de plat). Après avoir tourné au rond de présentation, voilà que se présente au canter sur la piste, un joli pur-sang gris inédit (donc qui participait à sa première course). J'ai eu un coup de foudre immédiat, ce cheval avait quelque chose à part, une façon de se déplacer comme un seigneur, un port de tête fier, des allures aériennes... Ce cheval avait pour nom Montmartre. J'ai regardé d'un peu plus près le programme et j'ai vu qu'il avait des origines prestigieuses (père Montjeu et mère par Linamix pour ceux qui connaissent un peu).
Malheureusement, il ne participera qu'à 5 courses dans sa courte carrière, ses jambes étaient bien trop fragiles pour continuer une carrière sûrement vouée à de grandes réussites. En cinq courses il a gagné la bagatelle de 654.838 € et son éleveur et propriétaire le vend aux haras nationaux comme étalon.
Montmartre est un cheval très sensible, timide, à peine sortit des courses il n'a pas compris tout de suite ce que l'on attendait de lui : saillir des juments. Elles ne l'intéressaient pas, il ne savait pas, on lui avait changé brutalement ses habitudes. J'ai commencé à entendre des choses qui me faisait de la peine: il est "PD", il est trop con..etc... J'ai suis souvent intervenue auprès des personnes concernées pour leur dire qu'il fallait lui laisser le temps, ne pas le brusquer et lui faire peur, peut-être essayer d'autres méthodes...etc
Montmartre a eu de la chance de tomber sur une personne intelligente, pratiquant l'éthologie (un peu comme les chuchoteurs) et voila que mon chouchou est devenu un étalon qui a rempli à 100% les juments qui lui ont été présentées.
Je suis trop contente, et cerise sur le gâteau... voila une vidéo d'un de ses premiers produits, une petite pouliche née un peu trop tôt, c'est pour ça qu'on lui a enfilé un pull over mais qui se porte comme un charme.
La 1e pouliche de Montmartre en pull de laine !
envoyé par FranceSire. -
Alors, elle n'est pas mignonne la petite.. J'en rêve ! Bravo mon LouLou, tu a fais taire toutes les mauvaises langues.
Le pont des six liards - Ayres - Lozère -
Photo : Bruno Monginoux / Photo-Paysage.com (cc-by-nc-nd)
Il y a cinq villages dans le canton ; quatre sont sur le causse : Le Massegros, Saint-Georges, Saint-Rome et le Recoux.
Le cinquième est dans les gorges, au bord de la rivière : Les Vignes.
Au bord de la rivière, il y a de l’eau mais pas de blé ; sur le causse il n’y a pas d’eau mais du blé.
Les gens du causse échangent depuis toujours du blé, le meilleur, contre l’eau et des poissons, les plus petits. Mais en cette année 589, la récolte de blé est catastrophique. Pas de blé, pas
d’eau ! déclarent les gens des Vignes.
Sur le causse, les gens commencent à mourir de soif. Les quatre villages du causse décident de faire la guerre aux Vignes. Leurs armées, vingt-cinq hommes au total dont deux aveugles et un
espion, se retrouvent un soir au bord du causse. Selon la tradition, ils partagent un dernier repas avant la bataille. Les soldats du Massegros ont apporté quelques vieilles pommes de terre
provenant du potager municipal, les soldats de Saint-Georges sont arrivés avec une petite motte de beurre, un peu de crème et une minuscule tome du dernier lait de leur dernière vache. Ceux du
Recoux y ajoutent de l’ail et du sel qu’ils ont échangé contre une fausse carte du canton à un marchand espagnol égaré sur le causse. Ils jettent le tout dans le chaudron que les soldats de
Saint-Rome vont chercher et dans lequel ils versent leurs dernières gouttes d’eau. Les soldats goûtent à ce plat contre de l’eau ?
Ils descendent le chaudron jusqu’à la rivière où les habitants des Vignes, fatigués de ne manger que du poisson, se jettent sur le chaudron. Leur maire a une idée : pourquoi ne pas ouvrir un
tonneau de vin ? Tous mangent et boivent jusqu’à s’endormir.
Au réveil, ils se demandent ce qu’ils font tous là, puis ils se rappellent une guerre qui n’a pas eu lieu et un plat étrange dont ils ont oublié la recette. Ils cherchent le chaudron, espérant y
trouver des restes de ce plat qui leur a évité la guerre, mais le chaudron a disparu.
Déjà loin, les deux aveugles portent le chaudron pour l’espion qui les guide jusqu’à sa ferme de l’Aubrac. Le jour suivant, l’espion ouvre un restaurant avec l’aide des ses sept filles.
Un an plus tard, il invente une histoire d’évêques pour amuser les touristes qui viennent de loin pour goûter à ce plat qu’il appelle "Aligot", du nom de sa fille, la plus jeune, sa préférée.
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Ca c'était l'histoire... Et maintenant la légende! |
Au printemps de cette année-là, le roi mérovingien Eutalius est très inquiet. Sa femme et ses maîtresses ne donnent naissance qu’à des filles.
Eutalius a déjà dix-sept filles et pas un fils. Il demande alors aux évêques d’Auvergne, du Gévaudan et du Rouergue, tous trois grands spécialistes
de la question, de se réunir pour débattre de cette situation dramatique pour l’avenir de son nom.
Les trois évêques obéissent à la demande du roi et décident de se rencontrer sur le causse de l’Aubrac. Les évêques se mettent en marche ; quand ils se retrouvent enfin, le roi a dix-neuf filles, et ils ont faim.
L’évêque d’Auvergne a apporté des pommes de terre. Rien de surprenant car en cette fin de siècle - le sixième - les gens d’Auvergne ne voyagent
jamais sans prendre avec eux quelques kilos de pommes de terre, alors que les gens du Rouergue a donc avec lui du fromage mais aussi de la crème et du beurre.
Les gens du Gévaudan, eux, ne s’encombrent jamais car ils ont peur de rencontrer la bête et de devoir s’enfuir. La bête n’est pas encore là mais ils
le pressentent déjà. L’évêque du Gévaudan est donc parti les mains vides mais il a acheté, à très bon prix, de l’ail et du sel.
Les trois évêques ont faim mais ils ne savent pas cuisiner. Un buronnier de passage les sauve, il jette les pommes de terre, le fromage, la crème,
le beurre, l’ail et le sel dans son grand chaudron sous lequel il a bien sûr allumé un feu. Il remue alors ce mélange insolite avec une branche morte. Les trois évêques adorent ce plat sans nom.
Ils en mangent jusqu’à s’endormir.
A leur réveil les trois évêques, ravis de leur rencontre, se promettent de se revoir régulièrement puis ils se saluent et prennent le chemin du
retour. Ils laissent les restes de ce plat délicieux sur le causse de l’Aubrac, dont il en devient la spécialité. Quant au problème du roi, les évêques gastronomes avaient oublié d’en parler.
Eutalius aura six autres filles puis il mourra, et son nom disparaîtra.
Si vous allez au salon de l'agriculture vous pourrez peut-être y déguster un Aligot. Personnellement je ne suis pas fan, comme je ne suis pas fan de
tartiflette ou de raclette. Il en faut pour tous les goûts heureusement !
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