

Vers 11
heures, il aida sa mémé à préparer la table, à poser d'abord la grande nappe damassée dont on applatit les plis. Elle sent encore la bonne d'iris de la dernière lessive. On sort la belle
vaisselle, c'est-à-dire les assiettes de faïence à fleurs, les verres à pied qui, quoique de demi-cristal, sont robustes et stables. Les couverts sont plus ordinaires. Il n'y a jamais eu
d'argenterie, mais, bien frottés, personne n'y pend garde et la table garda un air de rusticité qui convient au cadre.
Papa, maman, les oncles et tantes arrivent vers midi. On est douze autour de la grande table, heureux de se retrouver en ce jour des Rois où il est de tradition de resserer les liens familiaux. Le doigt de malaga auquel il a droit, le cidre mousseux, tournent un peu la tête de Jean-Louis. Cela ne l'empêche pas de savourer le lapin en civet, l'oie rôtie et les nombreux desserts.
- " J'ai aidé mémé à les faire " dit-il, et dans son euphorie, il croit y avoir pris une large part.
Le repas s'éternise et déjà la nuit tombe. Il accompagne, en tenant la lanterne-tempête, son pépé qui donne à manger aux bêtes. Les oncles et tantes partent, mais ses parents restent jusqu'au lendemain car la fête n'est pas finie.
En attendant le repas du soir, le souper, on joue aux dominos et notre bambin pousse des éclats de rire quand, posant son double blanc, pépé dit : " voilà le tout-nu, le cul-blanc, ou encore avec le quatre, le catouilleux..." On se remet à table et, le repas fini, pépé, relevant du dos de la main ses longues moustaches grises, dit avec malice : " Allons, mon p'tit fieu, au lit maintenant. " Il n'a pas sommeil notre Jean-Louis et il fait la lippe, d'autant plus qu'on lui avait promis une surprise. Papa et maman qui sont dans le secret, rient de sa mine déconfite, mais mémé n'y tient plus : " Oui mon bonhomme, tu vas l'avoir ta surprise, on va au Feu des Rois ! "
... à suivre
Pour ceux qui n'auraient pas lu les deux premières parties et qui seraient intéressés, cliquez sur les bûches.
|
|
![]()
Ils sont malades ces deux là ! Duel à la hâche... heureusement que la tronçonneuse n'existait pas encore !
.........................................................................................................................................................................................................
|
|
Le sucre d'orge des soeurs bénédictines |
|
Au XVIIe siècle, les religieuses bénédictines de Moret-sur-Loing, dévouées à leurs patients, mirent au point une recette de sucre d'orge pour soigner les laryngites.
En 1638, la supérieure du couvent, Elisabeth Pidoux, cousine de La Fontaine, fit connaître jusqu'à la Cour les premiers sucres d'orge en forme de petits coeurs transparents et dorés, marqués d'une croix du Sacré Coeur et des initiales RM (Religieuses de Moret). Ces bonbons à la réputation adoucissante furent très prisés des orateurs du Grand Siècle. Plus tard, Napoléon Ier se les fit préparer spécialement.
En 1970, plus de trois cent cinquante ans après leur création, et malgré bien des vicissitudes, la recette initiale de ces sucres d'orge, plusieurs fois perdue et retrouvée, fut confiée par une religieuse de la Charité à un confiseur morétain, avec obligation de fabriquer ce bonbon exclusivement dans la petite ville de Seine-et-Marne.
Il s'agit d'un sirop de canne marié à une décoction d'orge et additionné de vinaigre qui empêche la cristallisation et conserve la transparence des bonbons. Ces derniers portent encore le symbole RM et son distribués dans les meilleures confiseries.
|
Le très joli musée de sucres d'orges de Moret sur Loing |
Le Musée du Sucre d'Orge des Religieuses de Moret-sur-Loing retrace l'histoire et la fabrication de cette friandise.
Ets. Rousseau 5 rue du Puits du Four
Fax : 01 60 70 51 55
|
Je ne connaissais pas du tout l'existence de ce musée. Moret sur Loing est vraiment une superbe petite commune. Ah si j'étais riche... Je m'installerai là-bas. Quand je pense que lorsque j'habitais aux portes de Paris, j'allais tous les soirs à Moret sur Loing après mon travail, faire des soins et une piqure à cheval sauvé de la boucherie. Ca me faisait un bon nombre de km dans la journée, plus les embouteillages. Je m'étais jurée d'y retourner et maintenant que j'habite en Seine et Marne et bien je ne bouge plus.
Source : l'almanach de la Brie et du Briard
Je ne savais même pas qu'il avait perdu sa tête, ça me fait une belle jambe de savoir qu'on l'a retrouvée au fond d'une armoire ! Je m'en tamponne le coquillard avec une queue de langouste bien fraiche. ( Un petit clic sur l'article et, Oh miracle, vous l'aurez en grand)
Voila qui est plus intéressant :
Re clic sur l'image pour avoir l'article en grand. Voila un début d'explication qui me paraît tout à fait vraisemblable. A force de scruter le ciel depuis des années, de prendre des photos et de noter des données, j'ai remarqué quelque chose de nouveau le soir au soleil couchant. Les chamtrails ça vous dit ? Jusqu'à fin 2010 il n'y en avait que le matin au soleil levant vers l'Est, ce qui faisait baisser la température de 1°8 en une demi-heure. Maintenant il y en a aussi vers l'Ouest lorsque le soleil se couche. Je n'ai pas encore eu le temps de noter s'il y a une différence de température.
Par contre la question reste : Pourquoi une seule espèce d'oiseau et une seule espèce de poisson ? Je rajouterai aussi à cette étrange liste les 40 000 crabes trouvés morts le 6 janvier en Angleterre. A mon avis, tant qu'il n'y aura pas une pluie d'éléphants morts qui tombera sur vos têtes, ces phénomènes vous laisseront indifférents !
Je vous mets quand même le lien de l'article au cas
z'ou
Grand-père, lui aussi, pensait au bonheur de son petit fils. Dans le bâtiment qui servait à la fois de cellier, de réserve de nourriture pour les lapins et les volailles, il s'adonnait à une occupation qui aurait intrigué les profanes. Il avait choisi la plus belle de ses betteraves et l'évidait avec précaution. Lorsqu'il ne restait plus qu'un centimètre environ sur l'épaisseur, il creusait de la pointe de son couteau, des trous en forme d'étoiles. Dans la base de la betterave restée plus épaisse, il ménageait une petite cavité pour recevoir une bougie. Les extrémités d'un fil de fer plié en anse, s'enfonçaient de part et d'autre et un bâton bien poli à l'avance, fourchu, permettait de porter haut ce lampion original. Il était fier de son oeuvre le Pépé et se réjouissait à l'avance de la surprise que causerait ce falot qui ne risquait pas de s'enflammer.
Le jour des rois est là. Comme chaque jour depuis Noël où il les a reçus, Jean-Louis a enfoncé ses pieds, déjà bien au chaud dans de moelleux
chaussons, dans les jolis sabots de bois verni, un vrai luxe ces sabots ! (à gauche, sabots région Manche)
Sa mémé a tenu au chaud sur la fontaine de la cuisinière, la casserole de chocolat crémeux, du vrai chocolat fondu dans le lait qui se recouvre d'une " peau " à la cuisson, un régal qu'il déguste en premier. Il y trempe de larges tartines beurrés et ses grands-parents se réjouissent de le voir manger de si bel appétit. Dans la grande cuisine où le buffet bien ciré et les cuivres étincelants mettent une note gaie, même raffinée, s'échappent des casseroles, avec la buée qui obscurcit les vitres, des odeurs si appétissantes qu'elles feaient pardonner tous les pêchers de gourmandise.
...à suivre
montage Garo
Les " Rois " ont longtemps été la principale fête de l'année en Normandie et surtout dans le pays de Caux en Seine Maritime. Ce jour-là, tous les employés : charretiers, laboureurs, valets, servantes etc... avaient congé et allaient rejoindre leur famille. Parfois, le maître leur donnait une volaille, ou un litre d'eau-de-vie, car beaucoup étaient de famille plus que modeste.
Certains enfants, qui avaient émigré à la ville, revenaient pour retrouver leurs racines. C'était le cas des parents du petit Jean-Louis qui étaient venus au Nouvel an, l'avaient laissé à sa Mémé chérie et à son Pépé cheval et le reprendraient aux Rois.
C'était en 1928. Il avait alors cinq ans.
....................................................................................................................................................................
la veille des rois
La veille des Rois était déjà pour lui une fête. On avait tué une oie et il aida sa mémé à la plumer. On enlevait d'abord les grandes rémiges des ailes. Et à propos d'elles, Jean-Louis se souvient d'un jeu que son pépé lui avait appris. On enfonçait un bâton dans le coeur d'une grosse pomme et, tout autour, en couronne on plantait de longues plumes. Par un mouvement de rotation du bâton, on lançait le tout. Les plumes faisaient parachute et l'engin tournoyait quelque temps avant de retomber.
Les plumes de couverture étant ensuite enlevées, il restait le duvet que l'on recueillait dans un sac de jute. Grand-mère le mettait
plusieurs jours dans le bas de la cuisinière où il avoisinait avec les fers à repasser, les chiffons et le papier de verre qui rendait si net le dessus du poêle. Bien séché, ce duvet ganirait les
oreillers et édredons qui feraient des lits douillets.
Mais, ce que Jean-Louis préférait, c'était la fabrication des desserts. Voir sa mémé pétrir la pâte élastique, éprouver toujours le même émerveillement en la voyant gonfler dans la grande terrine recouverte d'un linge, tout cela comptait parmi les souvenirs tapis au fond de sa mémoire. On lui permettait parfois d'aplatir la pâte avec la bouteille qui remplaçait le rouleau à pâtisserie. Bien mince, elle garnissait le fond et les bords des grands plats de terre copieusement beurrés.
Alors, le petit gourmand goûtait à la compote de pommes, aux poires cuites, légèrement caramélisées, à la bouillie sucrée, qui les remplissaient. On découpait aussi des carrés de cette pâte, on déposait une belle pomme et rassemblait les coins, comme ceux d'un mouchoir, autour de la queue qui dépassait. Les chutes et ce qui restait dans la terrine servaient pour faire des brioches, des brioches qui se conservaient huit jours. Mémé les modelaient de ses mains habiles, quelques coups de ciseaux donnés dans la pâte formeraient ce qu'elle appelait " le chignon ". Une odeur, une odeur à nulle part ailleurs emplissait alors la maison, donnant une faim de loup à tous.
... à suivre
Source L'almanach de nos terroirs
............................................................................................................................................................................................................
Je ne sais pas quel temps il fait chez vous, mais ici en Seine et Marne, après un mois de neige c'est pluie, pluie et encore pluie ! Ca me fout le
moral dans les chaussettes. Je me suis forcée pour aller faire les courses pour la semaine ce matin sinon les placards étaient vides. J'ai vu aux infos que le mimosa était déjà là dans le Sud.
Comme il est hors de prix, j'en met du virtuel sur mon blog pour tout le monde. Dommage, on n'a pas l'odeur, j'adore l'odeur du mimosa.j Ca ne fait rien, on fait marcher son imagination et puis
c'est tout.
................................................................................................................................................................................................
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires