Contes et légendes du terroir

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 15:53

 

 

Aujourd’hui nous fêtons saint Barnard– Soleil : 08 h 32 * 17 h 32 –Verseau/1e décan - Température 9°6 – Temps pluvieux – Dicton du jour : Neige qui tombe engraisse la terre -

 

 

 

Aujourd'hui, je vous emmène en Corse pour vous raconter une drôle de légende !

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Le fullettu est un petit homme qui a une main en fer ou en plomb, et l'autre en étoupe. Il s'attaque surtout aux gens qui sont couchés. Il les met tout nus en hiver, et frappe sur leurs fesses avec sa main de plomb. Quelquefois il jette de l'eau dans le lit pour les forcer à se lever. Lorsqu'il a joué ces tours, il se met à éclater de rire et à battre des mains mais, on ne le voit pas.

Une bergère qui revenait de l'étable portant sur la tête sa planche chargée de fromage et de broccio, sentait le poids s'augmenter de plus en plus, tellement qu'elle ne pouvait la porter. Elle finit par la jeter par terre en s'écriant : " On dirait que le diable est dedans !". Ce n'était pas le diable mais le follet qui se montra et mit à gambader en frappant dans ses mains.

Parfois il se présente, et prend la voix plaintive d'un enfant, pour se faire porter sur les bras. Un soir, dans un moulin près de Tralonc, dans la montagne, le meunier était occupé à moudre le blé, lorsqu'il entendit les pleurs d'un enfant. Il sortit et lui cria de venir. La voix répondit : " J'ai froid et je ne puis marcher." Le meunier alla le chercher et le déposa près du feu en lui disant d'approcher ses pieds des tisons. Mais, il se garda bien de le faire, car il aurait montré ses pieds de lutin qui sont fourchus. Le meunier retourna à son travail, l'enfant disparut. Peu après le moulin s'arrêta, parce qu'il n'y avait plus d'eau. Il sortit, et vit l'enfant qui battait des mains en riant, et qui lui disait : " Tu ne moudras pas cette nuit, tu peux aller te coucher."

Si le follet revient souvent dans une maison faire ses farces, on prend un sc de blé et un sac d'avoine, d'orge ou de riz et on les mélange ensemble par terre. Lorsqu'il arrive on lui dit : " Tu vas me trier cela, et mettre le blé dans le sac !". Il est obligé de le faire, mais à partir de ce moment on ne le voit plus.
source : Julie Filipi, Revue des Traditions Populaires,
Paris, Société des traditions populaires, 1894

Ben dîtes-donc, le fullettu Corse est pire que le korrigan de ma Bretagne. Au moins le korrigan, s'il aime à faire des farces aime aussi aider aux travaux de la maison, moyennant quelques biscuits et un peu de lait bien frais. Remarquez, si il trouve que les biscuits sont rassis il devient mal élevé, vous savez ce qu'il vous dit ? Cliquez sur la porte à côté et montez le son ... 
 

Par Garo - Publié dans : Contes et légendes du terroir - Communauté : Diaspora Zorange
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 17:11

 

- Aujourd’hui nous fêtons la saint Germain- soleil : 05 h 57 * 21 h 40 - Gémeaux/1e décan - Température extérieure 25° - Humidité 43% - Dicton du jour « Il ne faut pas juger le sac à l’étiquette » -

 

Mont-St-Michel3.jpg

 

Pour se mettre à l’abri des méchancetés du démon, son voisin, saint Michel construisit lui-même, en plein océan, cette habitation digne d’un archange. Et, seul en effet, un pareil saint pouvait se créer une semblable résidence.

 

Mais, comme il redoutait encore les approches du Malin, il entoura son domaine de sables mouvants plus perfides que la mer. Le diable habitait une humble chaumière sur la côte, mais il possédait les prairies baignées d’eau salée, les belles terres grasses où poussent les récoltes lourdes, les riches vallées et les coteaux féconds de tout le pays, tandis que le saint ne régnait que sur les sables. De sorte que Satan était riche, et saint Michel était pauvre comme un gueux.

 

Après quelques années de jeûne, le saint s’ennuya de cet état de choses et pensa à passer un compromis avec le diable, mais la chose n’était guère facile, Satan tenant à ses moissons. Il réfléchit pendant six mois. Puis, un matin, il s’achemina, il s’achemina vers la terre. Le démon mangeait la soupe devant sa porte quand il aperçut le saint. Aussitôt il se précipita à sa rencontre, baisa le bas de sa manche, le fit entrer et lui offrit de se rafraîchir. Après avoir bu une jatte de lait, saint Michel prit la parole :

 

mont-st-michel5.jpg Photo prise avec un appareil photo jetable
 

- Je suis venu te proposer une bonne affaire.

Le diable, candide et sans défense, répondit :

- Ca me va.

- Voici, tu me céderas toutes tes terres.

Satan inquiet voulu parler :

- Mais…

Le saint repris :

- Ecoutes d’abord. Tu me céderas toutes tes terres. Je me chargerai de l’entretien, du travail, des labourages, des semences, du fumage, de tout enfin, et nous partagerons la récolte par moitié. Est-ce dit ?

Le diable naturellement paresseux accepta.

 

Il demanda seulement en plus quelques-uns de ces délicieux surmulets qu’on pêche autour du mont. Saint Michel promit les poissons. Ils se tapèrent dans la main, crachèrent de côté pour indiquer que l’affaire était faite, et le saint reprit :

 

- Tiens, je ne veux pas que tu aies à te plaindre de moi. Choisis ce que tu préfères : la partie des récoltes qui sera sur terre ou celle qui restera dans la terre.

Satan s’écria :

- Je prends celle qui sera sur terre.

- C’est entendu dit le saint.

Et il s’en alla.

Or, six mois après, dans l’immense domaine du diable, on ne voyait que des carottes, des navets, des oignons, des salsifis, toutes les plantes dont les racines grasses sont bonnes et savoureuses, et don la feuille inutile sert tout au plus à nourrir les bêtes.

Satan n’eut rien et voulut rompre le contrat, traitant saint Michel de « malicieux ».

Mais le saint avait pris goût à la culture, il retourna retrouver le diable :

 

- Je t’assure que je n’y ai point pensé du tout, ça s’est trouvé comme ça, il n’y a point de ma faute. Et pour te dédommager, je t’offre de prendre, cette année,  tout ce qui se trouvera sous terre.

- Ca me va dit Satan.

 

Au printemps suivant, toute l’étendue des terres était couverte de blés épais, d’avoines grosses comme des clochetons, de lins, de colzas magnifiques, de trèfles rouges, de pois, de choux, d’artichauts, de tout ce qui s’épanouit au soleil en graines ou en fruits.

Satan n’eut encore rien et se fâcha tout à fait.

Il reprit ses prés et ses labours et resta sourd à toutes les ouvertures nouvelles du saint.

 

Extrait de Guy de Maupassant, La Légende du Mont Saint Michel, publié dans le journal Gil Blas, 1882.

 

mont-st-michel6.jpg Photo prise avec un appareil jetable

 


Par Garo - Publié dans : Contes et légendes du terroir - Communauté : Diaspora Zorange
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 15:14

- Aujourd’hui nous fêtons la sainte Odette - Soleil : 06 h 53 * 20 h 48 - Bélier/3e décan - Température extérieure 29° - Temps chaud - Dicton du jour « Vol de corbeaux annonce le beau temps » -

ste_anne_ragout-reduc.jpg

 

En Bretagne, il était jadis de tradition, lorsqu'on avait tué le cochon, d'inviter tout le village une fois l'an à un repas rituel où l'on servait boudins et saucisses, pâtés et jambons. Un dimanche, Laou ar Braz, le paysan le plus riche de Pleyber-Christ, attendit la fin de la messe pour convier toutes les ouailles à partager avec lui le fameux repas le mardi suivant. Il se mit à crier à la cantonade :

 

- Venez tous ! Venez tous !

 

Or, en ce temps là, le cimetière se trouvait tout autour de l'église. Une petite voix grêle s'éleva alors des tombes piétinées par les villageois :

 

- Moi aussi je pourrai venir ?

- Que je sois damné si je mens ! s'écria Laou ar Braz, qui ignorait l'origine de l'étrange voix. Puisque j'invite tout le monde, c'est qu'il n'y aura personne de trop !

 

Dès le mardi matin, tout le village se mit en route pour la maison de Laou ar Braz. Les plus fortunés en char à boeufs, les mendiants à cloche-pied sur leurs béquilles. Ils furent accueillis dans une vaste salle où les tables étaient dressées et les couverts mis, devant une avalanche de charcutailles. Chacun avait déjà le nez dans son assiette pleine, mastiquant en cadence, lorsqu'un invité tardif se présenta. Il n'avait pas fière allure, avec sa souquenille de vieille toile noire en loques, qui lui collait à la peau et sentait le pourri. Mais Laou l'accueillit avec autant d'amabilité que les autres et lui trouva une place à table. L'homme s'assit mais ne toucha à aucun des mets qu'on lui servait. Il tenait la tête baissée,  masquée par une cagoule noire, et ne répondait à aucune des questions que lui posaient ses voisins. Il semblait étranger au pays, car personne ne l'avait jamais vu.

 

Le repas prit fin et les invités quittèrent le festin, non sans avoir remercié Laou et l'avoir félicité pour la qualité de son accueil. Ce dernier se frottait les mains, car il aimait à ce qu'on s'en allât de chez lui plein jusqu'à la gorge. Il allait se retirer dans sa chambre lorsqu'il s'aperçut qu'il restait un dernier convive dans la salle. il s'agissait de l'homme étrange à la souquenille de vieille toile, qui avait retourné son verre et son assiette contre la table.

 

- Ne te presse pas, dit Laou en s'approchant de lui. Tu es venu en retard, il est normal que tu partes le dernier. Mais tu risques de t'endormir devant ton assiette et ton verre vides !

 

C'est alors que l'étranger leva lentement la tête, dévoilant, à la place du visage, une tête de mort. Laou reconnut aussitôt l'Ankou, la Mort, qui lui dit de sa voix grêle :

 

- Lorsque je t'ai demandé au cimetière si je pouvais venir, tu as répondu qu'il n'y avait personne de trop. Tu n'imaginais pas que tu invitais la Mort à ta table. Mais comme tu as été aimable et accueillant avec moi, je ne t'emporterai pas ce soir. Mais je reviendrai te chercher dans huit jours d'ici. Le repas que je te ferai servir ne vaudra sans doute pas le tien, mais la compagnie sera encore plus nombreuse. A ces mots, l'Ankou disparut dans un grand tintement d'osselets. Laou ar Braz passa la semaine à faire le partage de ses biens entre ses enfants. Le dimanche, il se confessa avant d'assister à la messe. Le lundi il convia tous ses amis à un ultime banquet et le mardi il mourut. Mais il n'est pas à plaindre car ses largesses et sa bonté lui valurent de faire une bonne mort !

 

 

D'après Anatole Le Braz, La Légende de la mort ches les Bretons armoricains, Paris, 1922-1923

 

noeud dentelle2

 

Moi je trouve que l'Ankou aurait pu lui laisser un peu plus de sursis... Mais avec lui on ne peut pas discuter. Je ferai un petit rajout pour vous parler de l'Ankou. C'est tellement la pagaille dans mes dossiers que je ne retrouve plus où je l'ai fourré.

 

sabot.gif En Bretagne, au temps jadis, lorsqu'on tuait le cochon, les voisins étaient invités pour aider et tout le monde se rassemblait ensuite pour manger saucisses, boudins...etc. Le reste de la viande était mise au saloir. Chaque ferme s'arrangeait pour tuer le cochon à des périodes différentes, cela permettait aux paysans de manger de la viande fraiche un peu plus souvent. On dit que lorsqu'on voyait le bout de la queue apparaître dans le saloir, il était temps de tuer un autre cochon.

 

Il me reste quelques souvenirs (j'étais vraiment petite) des cochons de la famille de mes grands-parents. La truie avait un vaste endroit pour se dégourdir et se rouler dans la boue, elle était choyée, calinée, bien nourrie, rentrée à la porcherie le soir. Les petits porcelets courraient partout. On était loin de l'élevage intensif ! Avec la culture du potager, le lait des vaches, les oeufs, les lapins; les familles vivaient pratiquement en autarcie.

 

Heureusement, on m'a épargnée la mort du cochon.

 

 

Bonne journée les amis 2

 

 


Par Garo - Publié dans : Contes et légendes du terroir - Communauté : Diaspora Zorange
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 14:48

- Aujourd’hui nous fêtons la saint Jean-Baptiste de la Salle des fêtes - Soleil : 07 h 18 * 20 h 28 - Bélier/2e décan - Température extérieure 30° - Temps beaucoup trop chaud pour moi - Dicton du jour « Pigeon rôti ne peut plus voler » -

Franche-comte.gifPaysage de Franche-Comté

 

La gentille Catherine, qui travaillait dans une ferme de Saint-Hippolyte, dans le Doubs, avait à son service un lutin, que l'on appelait dans la région le Feloutot, sorte de feu follet qui faisait office de valet. Il l'aidait à rentrer les moissons, à traire les vaches* et à tresser le crin des chevaux. Le soir, il plaçait les bûches dans l'âtre, allumait le feu et faisait bouillir la soupe. Le dimanche, tandis qu'elle allait à la messe ou bien au bal, il faisait le ménage, frottait l'argenterie et disposait des fleurs coupées dans des vases. Bref, le Feloutot était si serviable que Catherine ne pouvait plus s'en passer. De plus, il était si mignon et brillant qu'elle passait des heures à lui dire :

 

- Follet mon petit follet, mon Feloutot, que puis-je faire pour te montrer ma reconnaissance pour tant de bons offices que tu me rends jour et nuit ? C'est par toi que je brille, sans toi je ne serai plus rien.

 

- Être toujours chéri de toi, Catherine, ma bonne Catherine, voilà ma plus douce récompense.

 

- C'est grâce à toi que je suis sage, reprenait la candide jeune fille. Sans toi, je serai sans doute comme tant d'autres !

 

- Et moi, répliqua le Feloutot, moi qui suis le plus inoffensif des êtres, sans toi je deviendrai le plus méchant. 

 

- Follet, Feloutot, qu'arriverait-il si j'allais être amoureuse et songer au mariage ?

 

- Prends bien garde Catherine ! Ma vengeance serait terrible ! Tu l'as dit tout à l'heure : c'est par moi que tu brilles, sans moi tu ne serais plus rien !

 

Mais bientôt, Catherine rencontra un jeune homme de la ville qui demanda sa main. Tout à son bonheur, elle ne songeait plus aux menaces du lutin. Mais ce dernier n'avait rien oublié, et décida de laver l'affront qu'il aait subi. Un jour que le fiancé de Catherine venait lui rendre visite à une heure très matinale, il vit un jeune homme descendre de la fenêtre de la chambre de sa promise au moyen d'une corde après avoir lancé : A ce soir Catherine !

 

Se croyant trahi, le fiancé entre dans la ferme et réveille Catherine qui dormait d'un profond sommeil.

- Qui est ce garçon qui est sorti de ta chambre par la fenêtre ? Aurai-je donc un rival ? 

 

La pauvre Catherine ouvre de grands yeux et nie toute l'histoire.

- De plus tu es menteuse ! Heureusement que je m'en aperçois avant le mariage ! Je ne désire pas épouser une femme de mauvaise vie. Et sur ces paroles, le fiancé dépité quitta tout à la fois la ferme et la vie de Catherine qui se mit à pleurer à chaudes larmes. Le rival supposé, on l'aura compris, n'était autre que le Feloutot qui avait changé d'apparence, comme il en avait le pouvoir. Il s'était vengé, comme il l'avait promis, mais comme il s'estimait trahi lui aussi, il ne se montra plus jamais à Catherine, qui dut désormais s'acquitter toute seule de tous les labeurs de la ferme.

 

D'après Désiré Monnier et Vingtrinier, Croyances et traditions populaires recueillies dans la Franche-Comté, Lyon 1871.

 

* A noter que 92% des vaches de Franche-Comté sont de race Montbéliarde

 

http://sd-4.archive-host.com/membres/images/121124500522244322/gif3/montbeliarde.pngMontbéliarde avec cornes

 

 

coeur-felouto2t.png Dites-donc, vous êtes nombreux à avoir un Feloutot chez vous dans ce coin de france ? Je n'en avais jamais entendu parler. Est-ce qu'en plus il prépare la gamelle des chiens et éventuellement, peut les garder pendant mon absence ? Dans ce cas j'en veux un tout de suite, maintenant ! En échange, je vous envoie un korrigan pur breton, qui va mettre votre maison sens dessus dessous, va vous faire des misères, tirer les moustaches du chat, mordre vos doigts de pieds la nuit..etc... Vous allez voir, vous ne pourrez plus vous en passer, la vie sera moins monotone, fini la paix dans le ménage...mdr.... !

 

 

Bonne soirée les amis

 


Par Garo - Publié dans : Contes et légendes du terroir - Communauté : Diaspora Zorange
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 14:33

- Aujourd’hui nous fêtons la saint Gontran- Soleil : 07 h 39 * 20 h 13 - Bélier/1e décan - Température extérieure 20° - Temps ensoleillé - Dicton du jour « Saint-Gontran voit l‘hirondelle arrivant » -

sorciere-garo.jpg

 

Il y a cent environ vivaient à La Saboterie deux sorcières dont l'une se nommait la Cagnole. Or, elles apprirent un jour aux habitants du village que, dans un bois voisin, au lieu-dit La Cabre d'or, le diable avait caché un trésor.

 

Il faut vous dire que les grands-mères de ces sorcières, dès que naissait un enfant dans la contrée, accouraient aussitôt et tout d'abord félicitaient la mère, lui souhaitaient bonne santé puis prenaient l'enfant, le coupaient et le dépeçaient en tous petits morceaux. Si la mère se plaignait, elles s'enfuyaient, abandonnant les débris sanglants, mais si la mère ne soufflait mot, de suite elles raccommodaient l'enfant et lui donnaient un nom qui, toute sa vie, lui porterait bonheur.

 

Pour en revenir à ce fameux trésor que gardait le diable, plusieurs paysans plus courageux que leurs camarades, entre autres Mougois, Nicolas Friard, Lederné, résolurent d'aller la nuit de Noël, quand se chanterait la messe de minuit, assaillir le diable, le mettre hors de combat et s'emparer de toutes ses richesses autour desquelles il faisait faction.

 

Ils avaient choisi ce moment parce que suivant les croyances du pays, le diable dans la nuit de Noël, à minuit, est obligé de quitter la Terre et de rester en enfer tout le temps que se chante la messe. Armés de pieux, de pioches, de pelles, car le trésor était caché sous une énorme pierre qu'il fallait soulever, nos hommes se rendirent donc à la Cabre d'Or. Mais le froid était si vif qu'une fois arrivés, ils durent allumer un grand feu et perdirent un temps précieux à se réchauffer.

 

Ils se dirent enfin qu'il fallait se mettre au travail. Or, juste au moment où ils donnaient les premiers coups de pioche, la messe de minuit finissait. Le diable alors leur apparut et déchaîna un ouragan terrible qui éteignit le feu, déracina les arbres et porta dans une trombe, jusqu'au village, nos chercheurs épouvantés. Depuis cettte époque, personne n'osa pus tenter l'aventure.

 

On essaya bien un jour, quand le diable par bonhomie laissait faire, de soulever la pierre mais jamais on ne put réussir même à l'ébranler légèrement. Aujourd'hui, il ne reste plus trace de cette pierre, et sur l'emplacement où l'on suppose qu'elle fut, poussent de grasses moissons. Cependant, les anciens du pays croient toujours au trésor caché et se désespèrent que le propriétaire de la Cabre d'Or, monsieur Fay, ne fasse pas pratiquer des fouilles qui le rendraient plus riche que Crésus !

 

Albert Meyrac, Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes, 1890.

 

 

Qu'est-ce qu'il doit y avoir comme trésors cachés dans notre pays, il faut toujours croire aux légendes, il n'y a pas de fumée sans feu !

 

 

Bonne journée les amis 2


Par Garo - Publié dans : Contes et légendes du terroir - Communauté : Diaspora Zorange
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